Liban: Elections sous hautes tensions
octobre 11, 2007
Quels sont les enjeux des présidentielles libanaises ? Quels sont les acteurs de cet échiquier décisif pour l’avenir du Liban ?
Barah Mikaïl, chercheur à l’IRIS, nous livre ses clés de décodage des élections libanaises. Revenons d’abord sur les particularités institutionnelles du Liban : L’article 49 de la constitution libanaise stipule que : « Le président de la République est élu, au premier tour, ou scrutin secret à la majorité des deux tiers des suffrages par la Chambre des Députés. Aux tours de scrutin suivants, la majorité absolue suffit. La durée de la magistrature du Président est de 6 ans. » La date butoir de désignation du nouveau président est donc le 24 novembre 2007. Cependant, Barah Mikaïl fait bien de préciser que la question de la confession fait figure de droit coutumier. En effet, le fait que le Président soit maronite, le premier ministre sunnite et le chef du parlement chiite ; n’est nullement inscrit dans la constitution.
Quid des candidats? Les candidats officiels sont:
Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre, figure d’opposition, qui développe une politique d’alliance notamment avec le Hezbollah.
Boutros Harb, affilié à la majorité parlementaire, proche du patriarche Nasrallah Sfeir, attaché à l’indépendance du Liban.
Nassib Lahoud, président du Mouvement du Renouveau Démocratique, affilié à la majorité parlementaire, critique virulent de la Syrie, prôle la constitution d’un gouvernement d’union nationale.
Robert Ghanem, affilié à la majorité parlementaire, proche du clan Hariri et ancien ministre de l’Education.
Charles Rizq, ministre de la Justice actuel et anti syrien.
Et les candidats officieux, n’ayant pas encore fait acte de candidature:
Michel Sleiman, commandant en chef de l’armée, à équidistance des partis de la majorité et de l’opposition.
Riad Salamé, gouverneur de la Banque centrale du Liban, proche du clan Hariri.
Jean Obeid, ex journaliste, ancien conseille d’Amine Gemayel, à équidistance des partis de la majorité et de l’opposition.
Quels sont les enjeux? C’est l’idée du Liban qui se joue dans ces élections: Si un président proche de la majorité parlementaire ( Hariri, Joumblatt, Geaga, Sfeir, Lahoud…etc.) passe, celà signifiera un président proche des Etats Unis et de l’Arabie saoudite, opposé à la Syrie et à l’Iran et en faveur du désarmement du Hezbollah. Si l’opposition parlementaire triomphe ( Aoun, Berri, Nasrallah…), les liens diplomatiques avec les Etats Unis sont susceptibles d’être brisés, les liens libano-syriens-iraniens sont renforcés et le Hezbollah ne sera pas désarmé.
Quant au parti qui prônera la dé-balkanisation du Liban avec à la clé une rupture de toutes ces alliances qu’elles soient irano syriennes ou américano saoudiennes, il n’est pas encore né... Pour le plus grand malheur du Liban…
Et un tel parti n’est pas prêt d’émerger… Des élections à suivre de près.
Le Liban ne peut être gouverné que par le consensus, la valse des consultations a commencé… qui couchera avec qui?! Je prends les paris
Le parlement fait penser à un bordel au rabais;le futur président devra sortir du lit de Nasrallah (Hassan) (eh oui je l’ai dit!)pour se ruer sous les jupons de Nasrallah (Sfeir), pendant que des “Hamirs” comme moi, continuent de scander “Vive le Liban laïque”…
MTK