Rufin, passeur de frontières
mars 27, 2008
« Un léopard sur le garrot » : on aurait pu titrer dans la presse « l’opus de l’homme à multiples casquettes » et ça aurait déplu à tout le monde. On aurait pu reprocher à l’homme d’être un hédoniste convaincu et de passer tantôt de la médecine tantôt à la diplomatie et d’emprunter toutefois ces chemins de traverse que sont l’humanitaire. On aurait pu s’attendre à une autobiographie ronflante empreinte d’un ego bien assis et s’ennuyer d’un portrait auto complaisant et flatteur d’un homme qui se rie des catégories et déplace les frontières. Il n’en est rien. Lisez la suite de cette entrée »
Liban: Elections sous hautes tensions
octobre 11, 2007
Quels sont les enjeux des présidentielles libanaises ? Quels sont les acteurs de cet échiquier décisif pour l’avenir du Liban ?
Barah Mikaïl, chercheur à l’IRIS, nous livre ses clés de décodage des élections libanaises. Revenons d’abord sur les particularités institutionnelles du Liban : L’article 49 de la constitution libanaise stipule que : « Le président de la République est élu, au premier tour, ou scrutin secret à la majorité des deux tiers des suffrages par la Chambre des Députés. Aux tours de scrutin suivants, la majorité absolue suffit. La durée de la magistrature du Président est de 6 ans. » La date butoir de désignation du nouveau président est donc le 24 novembre 2007. Lisez la suite de cette entrée »
Sarkozy au pays de Candy…
octobre 7, 2007
L’aube, le soir, ou la nuit: Un livre creux. Stérile. Au niveau du sujet que Yasmina Reza a bien voulu choisir.
Bien que les voies de l’écrivain soient impénétrables, celles-ci demeurent plus que hermétiques. On a du mal à comprendre la démarche de l’auteur prolifique (Adam Hademberg, Dans la luge de Arthur Schopenhauer) qui, dans un grand élan de lyrisme patriotique, nous sert un Sarkozy, naïf, idéaliste et gauche. ( sans jeu de mot !)
Le décor : Sarkoland pendant la campagne. Le « héros » : l’aspirant au pouvoir. L’intrigue : les méandres intérieurs d’un homme qui disait jadis : « Tout m’était contraire mais je pensais tout est possible. » Lisez la suite de cette entrée »
Le Hezbollah, l’Iran et la Syrie: la libanité en étau?
août 21, 2007
Je viens d’achever « Le Hezbollah, un mouvement islamo nationaliste » de Walid Charara et Frédéric Domont. Les auteurs se proposent ici de déconstruire le mythe selon lequel le Hezbollah ne serai qu’une simple officine de l’Iran et de la Syrie. Si c’est sensé être le fil conducteur de l’ouvrage, il s’oublie au profit d’un stérile panorama historique du mouvement. Peut être tout simplement car ce n’est pas un mythe ? Peut être aussi car Walid Charara qui s’autoproclame politologue et chercheur en relations internationales alors qu’il ne fait partie d’aucun laboratoire de recherche, cherchait juste – sous couvert d’une pseudo neutralité académique qu’il n’a pas- à canoniser le Hezbollah. Lisez la suite de cette entrée »
Rwanda: des chemins de machettes
juillet 23, 2007
Rwanda. Depuis quelques semaines, j’essaie de faire un travail de mémoire. Se souvenir, pour eux, pour nous, d’eux. De ces 800 000 à un million de Tutsi, abattus à coup de machettes. Il y a eu ce film « Shooting Dogs », grandiose, qui se fait écho de l’horreur. La double horreur : le massacre, discontinu, mécanique, barbare. Le silence de l’occident, son mutisme, son immobilisme. L’histoire vraie d’un prêtre occidental qui cacha des milliers de Tutsies dans son école (l’Ecole Technique de Kigali) qui abritait également une partie du contingent belge de l’ONU. Ces réfugiés étaient en sécurité jusqu’au rapatriement des occidentaux, et au départ des troupes de l’ONU. Jusqu’à ce que, derrière les barbelés de l’école, les génocidaires, abattent les 2500 réfugiés. Et les Blancs partirent, sachant, sciemment le massacre à venir, pressentant l’horreur, humant le meurtre. Lisez la suite de cette entrée »
Liban 2006, remember.
juillet 12, 2007
Un an déja. Mais tout frais en mémoire. 12 juillet la frontière libano-israélienne s’embrase. Deux soldats israéliens sont capturés par le Hezbollah. 13 juillet à l’aube, l’aéroport de Beyrouth est bombardé par Israël. Lever aux aurores. Têtes dans le coltard. Les fêtards que nous étions venions à peine de nous coucher. Ahurris. Hébétés. Les images qui passent en boucle sur CNN, Future, Euronews. Et puis l’escalade. Le petit appart de Hamra devient vite un squatt. On s’y tasse, on fume, on y boit le café scotchés à l’écran. Les uns parlent arabe, les autres français. C’est l’effervescence. Les téléphones sonnent timidement, le réseau a commencé à saturer. Dès ce jour, il faudra parfois faire 100 fois le numéro pour joindre quelqu’un au Liban.
Les religions meurtrières
juin 12, 2007
Livre bouclé : « Les religions meurtrières » d’Elie Barnavi. Je suis déçue…Et pire, révoltée.J’avais assisté à une de ses conférences il y a deux ans quand je travaillais sur le Gouch Emounim, un groupuscule juif extrémiste. Brillante conférence, où l’ex ambassadeur d’Israël, faisait preuve d’une impartialité et d’une finesse rares. C’est à cet esprit brillant que je m’attendais en ouvrant ce livre. Je m’attendais à une analyse rigoureuse et juste de cette dangereuse ré-imbrication du religieux et du politique, qui des évangélistes américains aux islamistes d’Al Quaeda en passant par les colons dissidents de la bande de Gaza, fourvoie nos sociétés contemporaines. Il n’en est rien.L’essai s’adresse d’abord et apparemment uniquement aux Européens : « Voici 9 thèses sur la religion politique. Pour vous, cher Européen perplexe et angoissé, pour vous armer contre un adversaire très différent de tous ceux que les siècles passés ont dressés contre vous. Il y va de vos valeurs, de vos libertés, de l’avenir de vos enfants. »Mmmm… C’est un joli condensé de sectarisme et d’incitation implicite à la haine. Ceux qui ne sont pas Européens peuvent dores et déjà passer leur chemin. Et Barnavi annonce vite la couleur : l’autre c’est l’ennemi : l’adversaire à abattre, celui qui condamne inexorablement le bel édifice démocratique occidental. Que de manichéisme, que de communautarisme. Le monde est définitivement manichéen chez Barnavi, noir ou blanc. Bon ou mauvais. Terroriste ou Victime. Bref, du bushime pur et dur… Lisez la suite de cette entrée »
A Jean-Sélim
mai 25, 2007
“Génération ONU”. Le titre sonne, claque, interpelle. Une génération : la nôtre, celle de l’engagement, celle de l’idéal. ONU: parce qu’à force de cours de sciences politiques, d’ouvrages, de revues, d’articles, de chiffres ingurgités, l’ONU est plus qu’une institution: elle nous est presque familière. “Génération ONU” c’est un documentaire qui vient de passer sur france 2 adapté du livre de Jean-Sélim Kanaan (Ma guerre à l’indifférence).
De l’identité nationale aux identités meurtrières…
mai 23, 2007
Il y a quelque chose qui me titillait ces derniers temps. Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Je crois que j’ai trouvé…Vous avez entendu « notre » nouveau président ? Celui qui se revendique porte parole de la république, fervent humaniste et réceptacle de la Culture française ?
Celui même qui tourne le dos à un demi siècle de politique étrangère française pro-arabe, pro-africaine et anti-altantiste pour ouvrir les bras à un rogue stateaméricain farouchement réducteur des droits humains, à un Eretz Israëlbâti sur une droite de + en + militariste ? C’est cet homme là, qui occultant ses origines hongroises, ne reconnaît le droit aux Français que de se revendiquer d’une et d’une seule identité : l’identité française. Et par là même de laisser la porte ouverte à des réflexes nécessairement liberticides et de nous faire oublier que, non, notre identité n’est pas réductible.
Notre identité est multiple. Nos identités sont plurielles.