Inabouties…

mai 26, 2007

cocktail.jpgLes nuits dakaroises ont toutes ce même parfum. Ce parfum d’inabouti. Un peu comme une chanson de Tom Yorke. Les gens attendent La surprise. Ils n’ont pas compris que l’esprit de la nuit ne se sert pas sur un plateau mais se crée. Les verres se succèdent, avec leur lot de rires et de clins d’oeil. Au bout, ils attendent quelque chose. Dans le fond de  leur verre vide, ils guettent, un peu d’entrain et de folie, pour les tirer de leur monotonie. Et ils se ressemblent tous, interchangeables, morts vivants parmi les morts vivants; à espérer le graal qui videra la torpeur de son suc. L’alcool remplit toujours son contrat. Un peu moins tristes, un peu moins raisonnables, nous devenons. Mais pour les vrais fous qui sommes déja de la partie, que reste t’il? Pa s assez de fous pour tirer la barre vers le haut. Pas assez d’audace, trop peu de téméraires, trop de faux semblants. Les filles, drapées dans leurs artifices, attisent le désir. Et les hommes, comme des animaux en rut, salivent, bavent, comme si elles pouvaient absoudre leurs doutes.

C’est toujours la même rengaine. La nuit, éternelle, se répète. Elle se drape, fatalement, dans cette insoutenable insolence. Elle nous jauge, impassible, à la lueur du comptoir. Et les verres défilent, les secondes se perdent, l’heure nous foudroie. Dans leurs regards, encore un peu de rage. Dans leurs gestes, un brin d’exotisme. Les nuits dakaroises sont immobiles. Elles s’accomodent mal de l’envie et de la nouveauté. Les musiques défilent dans le même ordre. L’inspiration se fait discrète. Le désir trépasse dans les interstices du possible.

Il faut rentrer. Dans nos crânes, il n’y a plus de surprise. Je leur ai toujours dit: n’attendez pas la surprise du dehors. Seuls vous mêmes êtes en mesure de vous émerveiller. Les miracles n’existent pas. Il n’y aura pas de rencontre fracassante. Il n’y aura pas d’oeillades décisives. Il y aura juste de pauvre gens, en mal de nuit, en mal de vies, forcément bancals, mais qui ne le montrent pas.

La nuit, inexorablement, attire les indécis.

Publicités

2 Réponses to “Inabouties…”

  1. Sonia revient « enfin » à la littérature !
    Si le monde de la nuit n’était pas pour moi un monde de l’ennui, j’irais presque boire un verre pour fêter ça…

  2. emy said

    je bois un verre à ta santé ce soir … chez moi!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :