De l’art d’être futile

juin 28, 2007

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Des fois, quand l’atmosphère pèse, je prends de grandes inspirations et je m’accorde quelques jours heures en « fille superficielle ». Ainsi j’oublie :

 – la thèse

 – Babouche, mon chat qui a sauté du 8ème

–  l’ONU

…. et toute ma ribambelle de troubles existentiels chroniques 

La Material Girl que je deviens :

Rentre du boulot avec la clim à fond et en chantant hurlant à tue tête dans la voiture. Manque d’écraser des passants, car trop occupée à essayer de doubler le porshe cayenne qui fonce. File au café avec gnougnoune et sirote kir sur kir en fumant clope sur clope et parle connerie sur connerie.

After, just have sex, mais façon précieuse, before dinner.  Oups pardon , je ne dîne pas ce soir, je me la joue ano-bobo

Je n’allume pas LCI. Tant pis, je ne saurais pas ce qu’il se passe dans le monde.

Je ne me pose pas 10 000 questions existentielles sur le sens caché des gens, des phrases, des actes, de l’air du temps… Je lâche du lest, j’arrête de décortiquer, éplucher, triturer, analyser, théoriser sur tout et sur rien. 

J’épluche les robes de mariage sur internet. J’autobronze devant le miroir en me splishant jusqu’à devenir caramel. J’ouvre Voici qui a échoué chez moi par je ne sais quel drame urbain.

J’appelle Soukeyna et je la préviens que je fais un GROS travail sur moi-même pour être futile. Il y a un blanc au téléphone. C’est notre résolution quasi hebdomadaire qui ne tient jamais la route plus de trois heures.  

Au final, je me prends tellement la tête à essayer de ne pas me prendre la tête que je jette Voici, avale un panini, allume les news en continu, pleure entre deux drames internationaux, me réfugie dans Paix et Guerre entre les nations, allume RFI, enfile mon t-shirt difforme….et fiouuuuuuuuuuuuuu whisper……. 

Rien à faire. Je reste borderline, cyclothymique, monomaniaque, aliénée d’info, assoiffée de sens, insomniaque et folle furieuse. Avec ou sans terracotta.

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3 Réponses to “De l’art d’être futile”

  1. J’ai eu peur de ne plus t’aimer, mais en lisant les deux derniers paragraphes je ne t’aime que plus…

  2. hipparchia said

    Material, matérialisme, matérialisme hédoniste.
    Pas que du futile.

    Prochain chapitre : l’art d’être matérialiste ?

  3. Lady Zee said

    J’adooore ton texte! Ta quête de futilité.

    C’est mon grand écart hebdomadaire, exercice compliqué mais qui me rassure! Non je ne veux plus de la fille aux noms d’oiseaux que les thérapeutes s’evertuent à disséquer depuis plusieurs années, je ne suis pas bordeline, ano-bou, maniaco-dep, dep saisonnière, QE à 0 et QI sympatoche…

    Je suis la futilité même, je m’extasie devant des Marc (Jacobs), je lis Vogue et VSD, je cherche du Mascara waterproof pour aller en croisière, je fais vrombir le moteur dans ma super voiture de gosses de riches pour narguer la cayenne qui essaye de me doubler, et je me retrouve dans des soirées où mon t-shirt difforme me manque, mes lunettes de vue que personne n’a jamais vu sur mon nez, mes news en continue à la télé, Nat Géo pendant des heures, mes flux rss dans mon netvibes, mes quizz de géographie, et mes questions identitaires.

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