Ghost in the wind.

octobre 31, 2007

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A mon quart de siècle:  Merci. Merci à demain qui n’existe même pas. Merci à demain que j’étreins dans mes bras.

Entre deux bouteilles et dix fois plus de cigarettes qui s’allument et qui me font tourner la tête, je vous regarde. Vous. Vous et vos névroses. Vous qui avez déjà rendu les armes. Qui n’avez pas commencé le combat. Qui n’avez pas mis vos tripes aux enchères. Vous qui n’avez pas ce second souffle qui revient de loin.Vous.Vous et votre confort aseptisé. Vous et vos couples peroxydés. Vous et vos idôles périmées. Vous fatalement adeptes de vous-mêmes. Qui vouez un culte insatiable à vos pauvres petites personnes. A qui le monde se cantonne aux quatre coins de votre patelin. Qui vous trémoussez sur des musiques dont personne ne se souvient. Ou dont on se souvient trop.Qui ne connaissez pas le goût du sang. Qui ne savez rien des larmes de plaisir. Qui ne se sont jamais damnées pour un soupir. Vous. Que je croise tous les jours. Et à qui je souris. Qui ne me comprennent pas. Qui ne sauront jamais lire entre les lignes.A qui j’échappe et j’échapperais toujours. Qui êtes hermétiques comme des huitres closes. Vous. Vous sur qui la musique n’a pas d’emprise. Vous sur qui la chair est mécanique. Vous sur qui l’amour est thérapeutique.A toutes ces souffrances que vous avez loupé. Aux chemins de travers sur lesquels vous auriez pu, allègrement, vous égarer. Aux amours de jeunesse qui vous auraient désaltérés. Aux autels incroyables que vous auriez pu édifier à la gloire du n’importe quoi. Merci. Merci à demain qui existe déjà. Merci à demain que je noie dans vos bras. Merci de me laisser vous regarder dépérir.

Entre tous ces verres vides et ces feux incendiaires, je vous observe. Vous.

 Vous. Et moi. Moi et mes névroses. Moi qui ne sait pas rendre les armes. Moi qui ne me lasse pas du combat. Moi qui ai mis mes tripes au bûcher. Moi qui ai cet énième souffle qui revient de nulle part. Moi.Moi et mon confort introuvable. Moi et mon couple inaliénable. Moi et mes idoles inaccessibles. Moi fatalement adepte du doute. Qui voue un culte insatiable aux non dits et aux pourquoi. Moi pour qui le monde n’a de frontière que vous-même. Moi qui me trémousse sur des musiques que personne ne connaît. Et que personne ne connaîtra jamais. Moi qui aime le goût du sang. Moi sur qui meurent les larmes de la chair. Moi qui me damne pour le moindre soupir. Moi. Moi que j’évite tous les jours.  Et à qui je monologue. Et qui se claquemure. Et qui ne voudra pas lire entre les lignes. Moi derrière qui je cours et qui derrière je courrais toujours. Qui suis poreuse comme l’éponge se nourrit de l’eau.  Moi. Moi sur qui la musique s’alanguit. Moi sur qui la chair est électrique. Moi sur qui l’amour est suicidaire. A toutes ces souffrances que j’aurais pu éviter. Aux chemins tout tracés que j’aurais pu, allègrement, dessiner. Aux amours de jeunesse que j’aurais pu ignorer. Aux autels mortifères que j’aurais pu ériger à la gloire de la lucidité. Merci. Merci à demain qui n’existera pas. Merci à demain que j’anihile dans vos bras. Merci de me laisser trépasser. Entre le cristal qui se brise et l’alcool qui s’oublie, je m’observe. Moi. Et le témoin que je deviens, fait naître un peu de vous, sous mes doigts.

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2 Réponses to “Ghost in the wind.”

  1. Et demain sera un autre sourd…

  2. Martina said

    Paradoxe vivant de désespérance et de rage de vivre…

    Ce que tu appelles « ce énième souffle qui revient de nulle part » vient peut-être tout simplement et intrinséquement de celle qui t’a donné ton 1er souffle!….

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