The XX : Pop classée X

décembre 23, 2009

 Ce n’est pas dans mes habitudes d’écrire des critiques musicales. Mais en ces temps d’artillerie lourde et médiocre de l’industrie musicale , on a un gros coup de coeur musical foudroyant qu’ une fois par décennie. Et the XX est de ceux là. Une révélation. XX est un opus beaudelairien et dionysiaque à mettre sur toutes les oreilles qui aiment le spleen. Une pop Inclassable. Atmosphérique. Profondément atypique et pourtant foncièrement familière. Accessible mais pointue. Une pop acide et doucereuse. Sombre et pleine d’espérance. Aérienne et prégnante.

 Dans VCR je découvre une voix rauque de jeune fille usée à la cigarette dubitative. Une voix d’homme en contre plan, d’outre tombe, imperturbable, outrageusement présente. Une alliance érotique et subversive, sur notes épurées de boîte à rythme et de synthé feutré empruntant lointainement à Portishead et the Pixies.

Les sirènes existentielles de Cristallised hantent mes oreilles virginales, violent mes derniers remparts. A chaque coup de pied sur l’accélérateur, ( A écouter en voiture, vitres fermées, compteur à bloc)  je rentre un peu plus dans l’arrière monde de cette mélodie imparable. Le monde de The XX est fantasmagorique. Lointain. Clair obscur. Inabouti. Effleuré. Avec the XX, je flirte a la frontière de mes désirs, de mon sur-moi, de mon inaccessible inconscient. Je déambule dans les couloirs de mes névroses, je réinvente mes lendemains et les peins en rouge sang, j’arrête la course frénétique et met ma vie en parenthèse. Sur bande sonore neuroleptique et insomniaque, je me désavoue de tous mes crimes inavoués.

Sur the island, je perds  contrôle et je me déshabille, et l’entêtant refrain « I am yours now » me fait toute à toi, de chair et d’âme à ta merci, sous tes crocs je me perds, et de ton regard je me pénètre.

Dans shelter, je me mets aux abris, revêts ma camisole de force et m’oublie au plus profond, là où plus personne ne pourrait venir me chercher. Au creux des ténèbres, dans l’indétrônable reflux de mon cerveau , au moment où le rythme cardiaque perd de sa frénésie et que l’on se sent emporté au creux d’une vague.

Dans basic space, je reprends mon souffle à pleins poumons, j’ouvre les fenêtres et je tangue sous la mélodie impétueuse. Je me laisse entrainer et, le bitume grince sous mes pneus et je pourrais jouir rien qu’en fermant les yeux, rien que pour le nom d’un instant.

Dans infinity, je monte, je monte. J’atteins un seuil que seuls atteignent les fous. De ces parois ténues qui se jouent de la mort. De ces interstices timides qui se dressent entre les certitudes et les doutes. Dans ces intenses instants de lucidité. Je monte. Et je ne peux pas renoncer à m’octroyer ce goût d’infini.

Sous night time, de l’adrénaline secoue mes semelles de rêves et je refais le monde au creux de tes yeux sombres. Je brosse mes rêves à la lueur de ta peau brillante et je caresse la lune en effleurant ta nuque. D’effleurages on en vient aux coups de reins. Et les œillades timides prennent élan dans un lit. Et dans tes yeux engorgés de plaisir, je cueille la dernière frontière de mon plaisir.

Voilà the XX. Un album pieux. Un dernier refuge contre nos temps abjects. Un délire de garage de  jeunes britanniques dégingandés qui devient un phénomène rock. Même pas 20 ans. Des ados raides dingues de The Kills, profondément no look, empreints d’un non futur absolument délicieux, et d’un parfum d’insoutenable présent qui nous colle à la peau. Ici pas de morale, pas de clichés. Juste des instantanés de vie, d’électricité, de jouissance pure et de souffrance foudroyante.

Juste un présent. Incroyablement musical. Une bande son sur laquelle on pourrait greffer sa vie entière sans se lasser. Et réécouter, encore et encore, leur mélancolie, leur absurdité, leur plaisir impénitent. Et le notre, qui, sans cesse se renouvelle dans les derniers tréfonds du beat, comme un ultime soubresaut d’humanité.

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