L’objet de mes fantasmes…

juin 28, 2010

 

…S’appelle Paraty et son nom seul retentit pour moi comme le doux nom du paradis. Son élégance, son arrogance, sa rock’n’roll attitude assumée et farouche, tout en lui me fait sauvagement de l’œil et chatouille ma libido. Ambivalent, il s’adapte à toutes les situations et se la joue caméléon. Tout en lui est ode au plaisir, et appelle à la luxure. Sa cambrure parfaite, son grain de peau exquis, son odeur suave…

Paraty qui ? Non il ne s’agit pas de it-boy, mais bien de it-bag. Le it-bag c’est The sac, celui qui fait tourner toutes les têtes, celui qui exerce une folle attraction sur ses prétendantes, un sac haute couture, souvent très cher et toujours culte. Ici, l’objet de mes fantasmes est un sac dont la version python frôle les 4000 euros et j’entends déjà frémir les non-Chloé-addict quand les autres compatissant(e)s se fendront d’un sourire complice. Quand la raison me rappelle à l’ordre, je m’interroge sur cette obsession monomaniaque typiquement féminine des sacs (ou variante, des chaussures). J’ai connu bien des filles, et pas que des cruches,  qui se mettaient en transe pour un Chanel, ou qui pouvaient s’évanouir à la seule vue du dernier Balenciaga. Tapez it-bag sur google et comptez le nombre de résultats. Le sac est devenu un farouche objet de désir et de plaisir. Bien qu’il ait toujours été l’un des compagnons préférés des femmes, la sac-addiction restait souvent l’apanage des oisives, des fashionnistas et des très-riches. Mais le it-bag s’est démocratisé, et il s’immisce chez toutes les couches sociales, de la fille d’ouvrière à la bourgeoise, de la manuelle à l’intellectuelle et s’expatrie bien au-delà du triangle d’or parisien. Pourquoi ?

Pourquoi, alors que les femmes sont plus indépendantes, autonomes, libres, et qu’elles se sont affranchies, et continuent de s’affranchir des multiples barrières qu’a généré la lutte des genres ; de plus en plus d’entre elles sont aussi prêtes à renoncer à tout bon sens et à renier allègrement l’hémisphère gauche de leur cerveau pour cristalliser sur une petite parcelle de cuir de veau, une bride nonchalante et un logo XXL ? Cette addiction est elle le reflet de la fabrique de désirs inutiles dans une société hyper consommatrice où acheter se confond avec être?  L’intelligence féminine décroît elle progressivement quand la taille de la penderie augmente?

Il est temps de rétablir la vérité. Femmes de tous bords ( Ferventes addicts de Marc Jacobs, Fendi, Jérome Dreyfus et consorts, levez-vous), il est temps d’entonner l’internationale des serial shoppeuses libres et cérébralement bien dotées. Non, non, ce n’est pas antinomique. Hommes hagards ou outrés, copines bobo-gaucho condescendantes partisanes du sac en papier recyclé, padre-madre déconfits devant notre pseudo-futilité, nous n’avons que faire de vos réprimandes et de vos leçons de morale délétères.

L’unique et seule raison pour laquelle, nous femmes intelligentes, mettons des sommes folles dans des sacs adorés que nous oublierons demain, tient dans une seule phrase :

Le sac est notre prolongement phallique. Le sac, c’est notre part de masculinité que nous arborons fièrement! Notre sexe, ce jardin secret et intérieur, nous le transplantons dans nos sacs. Faute de pénis, nous extériorisons notre « moi » profond dans cette excroissance de tissu qui matérialise souvent toute notre identité.

Voilà, maintenant que j’ai fait toute la lumière sur cette part obscure de l’inconscient collectif féminin, je peux aller, gaiement et sans remords, m’offrir mon petit bout de paradis….

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